> Cyrille Varet fête cette année ses 10 ans d'activité.
10 ans de créations, plus de 1000 modèles imaginés et réalisés
lui ont apporté une place reconnue dans le domaine du mobilier d'avant garde...

> Il y a des choses qui ne s'expliquent pas,
la naissance de cette double passion pour le métal et pour le mobilier...

"J'ai toujours griffoné des sièges, des idées de meubles
sur mes cahiers de cours. Je ne considérait pas cela à l'époque
comme une passion, ni une vocation, mais plus comme un moyen
de m'échapper, d'inventer un univers personnel."

> C'est en 1989 qu'il passe le cap du dessin à la réalisation: Matériaux de récupération,
bois, pièces métaliques, s'assemblent et donnent naissance à ses premiers objets insolites.
Il travaille dans le garage de ses parents près de Paris.
"Ma première chambre à Paris a vite pris des couleurs et des formes bizarres,
qui interloquait mes voisins dans la cage d'escalier quand je les ramenais. Je retournais tous les week end
chez mes parents et envahissait leur garage le temps de réaliser les pièces imaginées pendant mes cours".

En 1991, une rencontre, lors d'un voyage aux Etats Unis, va étonnement donner un tournant à son travail:
"C'était une discussion dans un hall de gare, avec un Australien qui attendait le même train que moi,
un café, je lui parle de ma passion naissante pour les meubles, et il me dit juste: tu n'as jamais essayé
de travailler le métal? je connais plusieurs designers qui travaillent cette matière en Australie, tu devrais essayer".

Cette phrase n'est pas restée sans effets, loin de là... Cadeau de noël 1991: un poste de soudure.
“je me suis vraiment demandé qu'elle idée j'avais eu de demander çà comme cadeau
quand j'ai vu cet engin sous le sapin, et j'ai eu peur que ce soit le genre de cadeau que l'on abandonne
dans un placard au bout de 2 jours..."

1992 - Naissance d'une passion ...

"J'ai acheté mes premières barres de fer, dessiné le modèle de ma première chaise
et je suis passé à la réalisation. J'ai appelé cette chaise "premier Regard".
Tout un symbol
... En effet, son dossier était constitué par une forme d'oeil oblique.
J'avais récupéré de la mousse et un tissus bleu pour constituer les coussins
de l'assise et du dossier."



S'improviser soudeur n'a pas été simple, et les soudures de cette première chaise
ne brillait pas par leur finesse... Quelques mois plus tard, la collection s'était étoffée.
Des formes ludiques, des dossiers colorés, un bandeau de métal qui se courbe, ondule,
prend de l'aisance et donne naissance ą des pièces toutes différentes
mais déjà marquées par un style très personnel et inovant.

"Le travail du métal est devenu une vraie passion,
je travaillais le soir, la nuit, j'ai même fini par me faire virer
du quartier par les voisins qui se plaignaient du bruit..."

Premières expositions...
L'année 1992 est riche de rencontres et d'échanges:
Première exposition en galerie: "L'art Modeste", la galerie des Frères Dirosa,
accueille 15 pièces dont le canapé "Planète" et la "Femme chaise".
Ces deux sièges - sculptures emblématiques se retrouveront
dans les pages nouveautés de nombreux magazines en 1992 et 1993.


"La Femme chaise m'a accompagné ensuite sur toutes mes expos
en France et à l'étranger, comme un porte bonheur..."

New York, New York...
En 1993, Cyrille est invité à aménager le stand d'accueil de la délégation française
au ICFF, salon du design à NY. L'accueil réservé à ses meubles dépasse ses espérances.

"la réaction a été incroyable... Les visiteurs étaient vraiment enthousiaste,
et j'ai rempli mon carnet de commande pour plusieurs mois..."


C'est le début d'une série de salons internationaux à Verone, Tokyo, Frankfort,
et NY encore par 3 reprises, suivi d'expositions en galeries à Soho.

"Ces déplacements à l'étranger sur ces salons m'ont beaucoup apporté,
en terme d'échange avec d'autres créateurs, d'autres cultures.
NY a été une grande source d'inspiration et de motivation,
où j'ai gardé de nombreux contacts personnels et professionels
et où je puise encore aujourd'hui mon inspiration".


Bel encourragement en effet d'exposer à 23 ans à Entrée Libre
(Wooster street), une des plus belles galeries de mobilier
contemporain de Soho...

Télévision
En France, il participe à la décoration de nombreux plateaux TV pour les émissions
de Tina Kieffer, Beatrice Schönberg, Michel Drucker, Christine Bravo...


"L'idée m'est venue de créer chaque semaine un siège à l'image des invités
d'une émission. J'ai contacté l'équipe de Bravo, et l'idée leur a plu:
Julien Clerc, Catherine Lara, Florent Pagny et d'autres sont repartis
avec leur portrait, en chaise..."

Le Viaduc des Arts

Cyrille se met donc à la recherche d'un atelier sur Paris et découvre par chance
le projet du Viaduc des Arts, qui vient juste d'être adopté par la ville.
Un des tous premiers à déposer sa candidature,
il lui faudra attendre plus d'un an avant d'obtenir "son arche".
"C'était comme l'aboutissement d'un rêve, de voir cette passion si personnelle se structurer,
et se projeter en vitrine sous cet édifice imposant".

Se retrouver à 25 ans entouré d'artisans ayant des années de métier,
dans des domaines variés, est une chance exceptionnelle.
Je me souviens d'une discussion avec Joëlle Serre de Marie Lavande,
installés sous le Viaduc également qui me disait que ce qui devait rassembler
les artisans du Viaduc malgré leur différences était leur recherche d'une qualité
de fabrication parfaite."
 
Griffe personnelle

> Cette qualité de finition qui caractérise les pièces de Cyrille Varet,
la perfection des soudures et assemblages, la mise au point d'une technique
personnelle de patine du métal pour en faire une matière chaleureuse
et vivante, accompagne son style original comme
la griffe d'un créateur.
 
"Le viaduc des Arts, et aussi le quartier du Faubourg, et sa richesse artisanale, m'ont aussi permis de mettre en oeuvre
des projets en collaboration avec d'autres artisans, échanges de compétences, d'expériences, complémentarité".
La chaise Carla Rose, et son garnissage en pétales de rose de "Vertical", Les plateaux de tables en verre scuptés
par Gilles Chabrier - Silice, Les vases en cristal soufflés, et dernièrement le développement d'une ligne d'objets
pour le bureau avec le spécialiste du gauffrage et travail du papier Créanog".

Cet atelier sous le Viaduc a aussi su devenir un lieu
d'échanges artistiques, où expositions et performances
se sont succédées autour du mobilier:
"j'ai ouvert l'atelier en exposant une artiste américaine:
Shelley Tran sur le thème de la Rencontre.
Nous avions imaginé cette exposition
ensemble,
comme une scénographie, avec une histoire,
dont les meubles répondaient aux tableaux.
J'ai réalisé à cette occasion un couple de scuptures:
"les voyageurs", et plusieurs meubles.
J'ai toujours conçu depuis ces expositions
comme des rencontres et échanges,
dont la démarche a toujours été enrichissante.
En 1995, Antoine Giacomoni, photographe connu
pour ses portraits de nombreuses célébrités du monde
du spectacle pris à travers le miroir d'une table de maquillage,
a exposé son oeuvre dans un décor thétral
de miroirs et coiffeuses créées pour l'occasion.

 


Expositions & rencontres artistiques...

1996 sera l'année la plus riche en échanges artistiques:
"J'avais imaginé cette année là de structurer mon travail en imaginant plusieurs thèmes de collections,
pour créer des univers cohérants
et complémentaires, baptisés "Mirage" pour le plus classique en alcantara beige,
"Spoutnik" pour l'ambiance futuriste, "Théatre" pour les fauteuils, méridiennes en velours bordeaux, les coiffeuses,
"Bakyl" pour un thème etnique, avec des matériaux plus bruts, du bogolan, des formes pures, et "Delight" pour les vinyl
et les sièges-scultures, personnages, "Japon", pour l'ambiance zen, étagères, paravents, alliance de cèdre et métal."
Tout au long de l'année, les différentes facettes de ce travail ont été présentées dans le cadre
d' expo-performances baptisées "Metissage nites" avec le concours de l'association "Global Warming".
Chaque soirée impliquait 5 ou 6 artistes, plasticiens, musiciens, comédiens, autour du thème de la collection.


En 1996, le travail s'organise en collections,
avec des réflexions sur des thèmes de matières & couleurs:
Mirage, Bakyl, Japon, Théatre, Spoutnik...

"Ce rendez-vous quasi mensuel a une un succès croissant
et attiré un public varié vers le Viaduc encore méconnu
à l'époque. Nous préparions en parallèle le clou du spectacle: un concept de "défilé de chaises" qui devait en fin d'année réunir toutes ces séquences dans une mise en scène finale, dans un esprit de fête".

La parade de chaises...

Cécile Hurlé et Sandrine Chiodi, étudiantes d'Olivier de Serre, ont assisté Cyrille Varet dans la préparation de la "Parade de Chaise". Elle mettait en scène une grande machine de 3 mètres de diamètre, réalisée en métal avec l'aide d'une équipe d'artistes, et une équipe de 15 comédiens, dont certains de l'école du cirque d'Annie Fratelini: les "hommes-bulles".

Cette machine souhaitant expérimenter les sentiments humains, allait transporter
un homme dans 7 ambiances différentes, pour lui faire éprouver des sentiments
différents et en ressentir les émotions, chaque ambiance étant bien sûr
la mise en scène d'une collection.
"Nous avons travaillé avec passion sur ce projet, qui fut une expérience passionante.
Sa présentation fin 1996 fut l'aboutissement d'une année de travail colossal!".

> 80 pièces exposées aux Galeries Lafayette de Berlin...

En 1997 et 1998, ces collections se sont complétées, affinées, au fil de salons professionels,
expositions dont la plus importante a eu lieu en 1998 à Berlin aux Galeries Lafayette.
80 pièces, exposées sur les 3 étages du grand magasin à l'architecture avant-gardiste
conçue par Jeau Nouvel. Une rencontre réussie:
"Les Berlinois ont bien réagit face à ce style qui correspond bien à l'esprit "alternatif"
de la ville et à sa culture cosmopolite qui laisee une grande place à l'originalité.

Autre rencontre en 1998,
Enki Bilal, avec qui Cyrille
prépare une exposition
dans son atelier dans le cadre
du "Geste d'Art" du Viaduc
des Arts, pour lequel chaque
artisan devait travailler avec un créateur extérieur pour réaliser
une oeuvre commune.
Cette exposition présentait des lithographies du dessinateur
et surtout 2 sièges extraits de l'imaginaire de Bilal dans
"Froid Equateur".
 

"J'ai contacté Enki et il a été séduit par le projet. J'ai choisi une chaise longue que j'ai baptisée
du nom de son héros: "Loopkin". On a travaillé ensemble sur le choix des matériaux,
pour qu'ils soient le plus approchant possible du dessin et de l'atmosphère de l'histoire.
Ce siège est d'ailleurs actuellement utilisé dans le décor de son dernier film".

>En 1999 se prépare aussi
une petite révolution de style ...

nom de code:"Totem".


Aux pièces uniques imprévisibles et inattendues s'ajoute une ligne d'objets
au design fonctionnel et aux ligne sépurées. Totem est une nouvelle approche
du travail, l'objet est imaginé autant pour sa ligne, que pour son confort et sa fonctionnalité.

" c'était un exercice vraiment intéressant de créer une chaise
qui soit le concentré de plusieurs années de travail, qui soit pleinement
intégrée dans mon style, tout en ayant intégré un nombre de données
pratiques pour qu'elle puisse répondre à de nouvelles attentes
(aménagement de restaurants, salles à manger):
La chaise devait être légère, maniable, peu encombrante, empilable,
les assises interchangeables, exister avec plusieurs versions de dossier,
les pieds élargis pour accueillir des protections de sol..."

Cette chaise a tout de suite trouvé son public.
Elle décore la salle du restaurant du Purplace à Bastille,
mais séduit aussi les particuliers pour leurs salles à manger,
se mariant parfois à des tables années 30, du mobilier
de style en bois, verre ou métal. Sa signature:
le rythme de ses pieds:
1 pied courbe, et 3 pieds droits.

"C'est au bord d'une route de campagne
que m'est venue cette idée, en voyant un arbuste
accolé à un poteau en bois. Rien d'exceptionnel,
mais ça a été comme un déclancheur...
Après un grand nombre de croquis, j'ai décodé
le message, et j'ai trouvé un équilibre entre
une structure carrée et volontaire,
et une ondulation légère apportant une touche
de liberté et d'élégance à la structure du meuble".

Une logique que l'on retrouve
dans la plupart des objets de la collection:
tables, tables basses, buffet, tabouret...

 

> Totemix est le premier volet de la collection, intégrant un tissage d'inox
dans les structures des meubles: façades de portes et de tiroirs, façade d'appliques,
accoudoirs de canapé...
Le tissage d'inox rappelle un peu un tissage de bambou mais dans un tout autre
registre de matière. En ressort un style japonisant, épuré et élégant.

Totemix

& Totembe



>Totembe intègrera l'année suivante du wenge pour apporter une touche chaleureuse
aux consoles, tables, et petits meubles de rangement.
Dans la même collection, un canapé avec accoudoirs en bois
et une coiffeuse complètent cette ambiance .
> Autre nouveauté importante, les luminaires, qui ont pris une grande place dans la collection de Cyrille Varet:
Lampes à poser, lampadaires, appliques, lustres...
"J'ai créé ma première lampe, mon premier lustre, ma première applique sur des demandes
répétées de mes clients, qui imaginaient bien mon univers s'étendre aux luminaires".
Ils ont été depuis adoptés par le public comme une alternative originale et chaleureuse
à des concepts d'éclairage trop classiques ou trop modernes.

Lustres &
Lampes...

agencement de restaurants & bars
Entre 1998 et 2002, les projets de décoration de bars et de restaurants se suivent,
sans se ressembler... Cyrille Varet signe des ambiances originales dans plus de dix établissements,
en apportant soit les luminaires, les sièges et banquettes et sièges de bars, ou parfois les deux...
Le Débarcadère, le Viaduc Café, le Vinéa Café, Ma Pomme, et plus recemment l'OPA
et Le Bennelong, Boulevard Henri IV sont quelques exemples de réalisations récentes...
> Le Bennelong ouvert par le chef de renom Jean Paul Bruneteau propose une cuisine rafinée d'inspiration australienne dans un décor de trônes, banquettes, lustres, appliques et miroirs.

En 2001, Cyrille Varet rencontre la designer japonaise Maki Hirakawa.
Designer chez Panasonic, elle dessine et imagine des objets High-teck
mais se passionne en parallèle pour la création texile.

"Maki est passé à l'atelier en mon absence, m'a envoyé un book présentant
son travail, nous avons ensuite communiqué pendant plusieurs mois par Email,
dans un échange d'idées très productif. J'ai tout de suite été attiré par sa démarche,
Nous nous sommes retrouvés dans notre approche de la nature comme source
d'inspiration. Nous avons commencé à imaginer des objets commun,
une ligne d'objets au croisement de nos 2 univers.
Maki est venue en France, et nous avons réalisé nos premiers prototypes."

Ainsi, lors de l'exposition "Paris-Tokyo-Design" soutenue par la Maison de la Culture
du Japon à Paris, sont présentés un paravent "Kaku", composé de carrés de textiles
tissés artisanalement et cerclés d'acier patiné, une série de chaises utilisant
"
Mikan", "Umé", "Sakura", "Fuji", les "Kudamonos", boules lumineuses,
"agrumes" en japonais, déclinés en 3 parfums, Citron, citron vert et orange...

> Cette rencontre inspire aussi la démarche inverse ą Cyrille Varet:
Il pousse sa recherche de légèreté et de transparence dans un registre
plus industriel en imaginant une assise plastique cristal thermoformée
pour sa chaise "Totem".


"J'ai réflechi à une alliance originale d'une matière moderne avec le travail traditionnel
de l'acier patiné. Avec l'aide du studio de création "Newtone" installé à Bastille,
spécialisé dans la conception de prototypes en plastique, nous avons étudié
une assise profilée, conçue comme un écrin, pouvant être remplie de matières
originales (modèle "Carla Rose") , garnie de pétales de roses stabilisées),
ou teinté dans des couleurs vives et lumineuses".

Monadora...

> Monadora et ses courbes généreuses...
La ligne confort, déclinée aussi en canapé et fauteuil.