Cyrille Varet - "Flash Back" 1992 - 2002...

> Depuis 1992, Cyrille Varet a imaginé plus de 1000 modèles
d'objets et mobilier qui ont forgé un style personnel et original.


1992 - la découverte du
métal...

C'est en 1992 que Cyrille Varet réalise ses premières pièces en acier.
Autodidacte, il se lance dans cette activité artisanale et passe des idées grifonnées
à la réalisation.

"J'ai acheté mes premières barres de fer, dessiné le modèle de ma première chaise
et je suis passé à la réalisation. J'ai appelé cette chaise "Premier Regard".
En effet, son dossier était constitué d'une forme d'oeil oblique.
J'avais récupéré de la mousse et un tissus bleu pour constituer
les coussins de l'assise et du dossier."



S'improviser soudeur n'a pas été simple, et les soudures de cette première chaise
ne brillait pas par leur finesse... Quelques mois plus tard, la collection s'était étoffée.
Des formes ludiques, des dossiers colorés, un bandeau de métal qui se courbe, ondule,
prend de l'aisance et donne naissance des pièces toutes différentes
mais déjà marquées par un style très personnel et innovant.

"Le travail du métal est devenu une vraie passion,
je travaillais le soir, la nuit, j'ai même fini par me faire virer
du quartier par les voisins qui se plaignaient du bruit..."

Premières expositions...
L'année 1992 est riche de rencontres et d'échanges:
Première exposition en galerie: "L'art Modeste", la galerie des Frères Dirosa, accueille 15 pièces dont le canapé "Planète" et la "Femme chaise".
Ces deux sièges - sculptures emblématiques se retrouveront
dans les pages nouveautés de nombreux magazines en 1992 et 1993.


"La Femme chaise m'a accompagné ensuite sur toutes mes expos
en France et à l'étranger, comme un porte bonheur..."

New York, New York...
En 1993, Cyrille est invité à aménager le stand d'accueil de la délégation française
au ICFF, salon du design à NY. L'accueil réservé à ses meubles dépasse ses espérances.

"la réaction a été incroyable... Les visiteurs étaient vraiment enthousiastes,
et j'ai rempli mon carnet de commande pour plusieurs mois..."


C'est le début d'une série de salons internationaux à Verone, Tokyo, Frankfort,
et NY encore par 3 reprises, suivi d'expositions en galerie.

"Ces déplacements à l'étranger sur ces salons m'ont beaucoup apporté,
en terme d'échange avec d'autres créateurs, d'autres cultures.
NY a été une grande source de motivation,
où j'ai gardé de nombreux contacts personnels et professionels
et où je puise encore aujourd'hui mon inspiration".


Bel encourragement d'exposer à 23 ans à Entrée Libre
(Wooster street), une des plus belles galeries de mobilier
contemporain de Soho...

Télévision
En France, il participe à la décoration de nombreux plateaux TV pour les émissions
de Tina Kieffer, Beatrice Schönberg, Michel Drucker, Christine Bravo...


"L'idée m'est venue de créer chaque semaine un siège à l'image des invités
d'une émission. J'ai contacté l'équipe de Bravo. Le concept leur a plu:
Julien Clerc, Catherine Lara, Florent Pagny et d'autres sont repartis
avec leur portrait, en chaise..."

Le Viaduc des Arts

Cyrille se met à la recherche d'un atelier sur Paris et découvre
le projet du Viaduc des Arts, qui vient juste d'être adopté par la ville.
Un des tous premiers à déposer sa candidature,
il lui faudra attendre plus d'un an avant d'obtenir "son arche".
"C'était comme l'aboutissement d'un rêve, de voir cette passion si personnelle
se structurer, et se projeter en vitrine sous cet édifice imposant".

"Se retrouver à 25 ans entouré d'artisans ayant des années de métier,
dans des domaines variés, est une chance exceptionnelle.
Je me souviens d'une discussion avec Joëlle Serre de Marie Lavande,
installés sous le Viaduc également qui me disait que ce qui devait rassembler
les artisans du Viaduc malgré leur différences était leur recherche d'une qualité
de fabrication parfaite."
Griffe personnelle

> Cette qualité de finition qui caractérise les pièces de Cyrille Varet,
la perfection des soudures et assemblages, la mise au point d'une technique
personnelle de patine du métal pour en faire une matière chaleureuse
et vivante, accompagne son style original comme
la griffe d'un créateur.
"Le viaduc des Arts et le quartier du Faubourg, leur richesse artisanale, m'ont aussi permis de mettre en oeuvre
des projets en collaboration avec d'autres artisans, échanges de compétences, d'expériences, complémentarité".
La chaise Carla Rose, et son garnissage en pétales de rose de "Vertical", Les plateaux de tables en verre sculpté
par Gilles Chabrier - Silice, les vases en cristal soufflés, et dernièrement le développement d'une ligne d'objets
pour le bureau avec le spécialiste du gauffrage et travail du papier Créanog".


Cet atelier sous le Viaduc est devenu aussi
un lieu
d'échanges artistiques, où expositions et performances
se sont succédées autour du mobilier:
"j'ai ouvert l'atelier en exposant une artiste américaine:
Shelley Tran sur le thème de la Rencontre.
Nous avions imaginé cette exposition ensemble,
comme une scénographie, avec une histoire,
dont les meubles répondaient aux tableaux.
J'ai réalisé à cette occasion un couple de sculptures:
"les voyageurs", et plusieurs meubles.
J'ai toujours construit depuis ces expositions
autour de rencontres et d'échanges.

En 1995, Antoine Giacomoni, photographe connu
pour ses portraits de célébrités du monde du spectacle
pris à travers le miroir d'une coiffeuse,
a exposé son oeuvre dans un décor théatral
de miroirs et tables de maquillage créées pour l'occasion.

 


Expositions & rencontres artistiques...

1996 sera l'année la plus riche en échanges artistiques:
"J'avais imaginé cette année là de structurer mon travail en imaginant plusieurs thèmes de collections,
pour créer des univers cohérants et complémentaires, baptisés
"Mirage" pour le plus classique en alcantara beige,
"Spoutnik" pour l'ambiance futuriste,
"Théatre" pour les fauteuils, méridiennes et canapés en velours bordeaux,
"Bakyl" pour un thème ethnique, utilisant des matériaux plus bruts et du bogolan,
"Japon", pour l'ambiance zen alliant cèdre et métal (étagères, paravents),
et "Delight" pour les vinyl et les sièges-scultures.

Tout au long de l'année, les différentes facettes de ce travail ont été présentées dans le cadre
d' expo-performances baptisées "Metissage nites" avec le concours de l'association "Global Warming".
Chaque soirée impliquait 5 ou 6 artistes, plasticiens, musiciens, comédiens, autour du thème de la collection.


En 1996, le travail s'organise en collections,
avec des réflexions sur des thèmes de matières & couleurs:
Mirage, Bakyl, Japon, Théatre, Spoutnik...

"Ce rendez-vous quasi mensuel a eu un succès croissant
et attiré un public varié vers le Viaduc encore méconnu
à l'époque. Nous préparions en parallèle le clou du spectacle: un concept de "défilé de chaises" qui devait en fin d'année réunir toutes ces séquences dans une mise en scène finale, dans un esprit de fête".

La parade de chaises...

Cécile Hurlé et Sandrine Chiodi, étudiantes d'Olivier de Serre, ont assisté Cyrille Varet dans la préparation de la "Parade de Chaise". Elle mettait en scène une grande machine de 3 mètres de diamètre, réalisée en métal avec l'aide d'une équipe d'artistes, et 15 comédiens, dont certains de l'école du cirque d'Annie Fratelini: les "hommes-bulles".

Cette machine souhaitant expérimenter les sentiments humains, allait transporter
un homme dans 7 ambiances différentes, pour lui faire éprouver des sentiments
et en ressentir les émotions.
chaque ambiance était la mise en scène d'une collection.
"Nous avons travaillé avec passion sur ce projet. Sa présentation fin 1996
fut l'aboutissement d'une année de travail colossal!".

> 80 pièces exposées aux Galeries Lafayette de Berlin...

En 1997 et 1998, ces collections se sont complétées, affinées, au fil de salons professionels,
expositions dont la plus importante a eu lieu en 1998 à Berlin aux Galeries Lafayette.
80 pièces, exposées sur les 3 étages du grand magasin à l'architecture avant-gardiste
conçue par Jeau Nouvel. Une rencontre réussie:
"Les Berlinois ont bien réagit face à mon travail, qui rentre bien dans l'esprit "alternatif"
de la ville et à sa culture cosmopolite qui laisse une grande place à l'originalité.

Autre rencontre en 1998,
Enki Bilal, avec qui Cyrille
prépare une exposition
dans son atelier dans le cadre
du "Geste d'Art" du Viaduc
des Arts, pour lequel chaque
artisan devait travailler avec un créateur extérieur pour réaliser
une oeuvre commune.
Cette exposition présentait des lithographies du dessinateur
et surtout 2 sièges extraits de l'imaginaire de Bilal dans
"Froid Equateur".
 

"J'ai contacté Enki et il a été séduit par le projet. J'ai choisi une chaise longue que j'ai baptisée
du nom de son héros: "Loopkin". On a travaillé ensemble sur le choix des matériaux,
pour qu'ils soient le plus approchant possible du dessin et de l'atmosphère de l'histoire.
Ce siège se retrouvera d'ailleurs en 2004 dans le décor de son film Immortel
.

>En 1999 se prépare aussi
une petite révolution de style ...

nom de code:"Totem".


Aux pièces uniques imprévisibles et inattendues s'ajoute une ligne d'objets
au design fonctionnel et aux lignes épurées. Totem est une nouvelle approche
du travail, l'objet est imaginé autant pour sa ligne, que pour son confort et sa fonctionnalité.

" c'était un exercice vraiment intéressant de créer une chaise
qui soit le concentré de plusieurs années de travail, qui reflète vraiment
mon style, tout en ayant intégré un nombre de données
pratiques pour qu'elle puisse répondre à de nouvelles attentes
(aménagement de restaurants, salles à manger):
La chaise devait être légère, maniable, peu encombrante, empilable,
les assises interchangeables, exister avec plusieurs versions de dossier,
les pieds élargis pour accueillir des protections de sol..."

Cette chaise a tout de suite trouvé son public.
Elle décore la salle du restaurant du Purplace à Bastille,
mais séduit aussi les particuliers pour leurs salles à manger,
se mariant parfois à des tables années 30, du mobilier
de style en bois, verre ou métal. Sa signature:
le rythme de ses pieds: 1 pied courbe, et 3 pieds droits.

"Un équilibre entre une structure carrée et volontaire,
et une ondulation légère apportant une touche
de liberté et d'élégance à la structure du meuble".

Une logique que l'on retrouve
dans la plupart des objets de la collection:
tables, tables basses, buffets, tabourets...

 

> Totemix est le premier volet de la collection, intégrant un tissage d'inox
dans les structures des meubles: façades de portes et de tiroirs, façade d'appliques,
accoudoirs de canapé...
Le tissage d'inox rappelle un peu un tissage de bambou mais dans un tout autre
registre de matière. En ressort un style japonisant, épuré et élégant.



>Totembe intègrera l'année suivante du wenge pour apporter une touche chaleureuse
aux consoles, tables, et petits meubles de rangement.
Dans la même collection, un canapé avec accoudoirs en bois
et une coiffeuse complètent cette ambiance .
> Autre nouveauté importante, les luminaires, qui ont pris une grande place dans la collection de Cyrille Varet:
Lampes à poser, lampadaires, appliques, lustres...

Lustres &
Lampes...

agencement de restaurants & bars

 

Décor du bar
du Vinéa Café,
à Bercy Village...

Entre 1998 et 2002, les projets de décoration de bars et de restaurants se suivent,
sans se ressembler... Cyrille Varet signe des ambiances originales dans plus de dix établissements,
en apportant soit les luminaires, les sièges et banquettes et sièges de bars, ou parfois les deux...
Le Débarcadère, le Viaduc Café, le Vinéa Café, Ma Pomme, et plus recemment l'OPA
et Le Bennelong, Boulevard Henri IV sont quelques exemples de réalisations récentes...
> Le Bennelong ouvert par le chef de renom Jean Paul Brunneteau proposait une cuisine rafinée d'inspiration australienne dans un décor de trônes, banquettes, lustres, appliques et miroirs.

En 2001, Cyrille Varet rencontre la designer japonaise Maki Hirakawa.
Designer chez Panasonic, elle dessine et imagine des objets High-teck
mais se passionne en parallèle pour la création texile.

"Maki est passé à l'atelier en mon absence, m'a envoyé un book présentant
son travail, nous avons ensuite communiqué pendant plusieurs mois par Email,
dans un échange d'idées très productif. J'ai tout de suite été attiré par sa démarche,
Nous nous sommes retrouvés dans notre approche de la nature comme source
d'inspiration. Nous avons commencé à imaginer des objets commun,
une ligne d'objets au croisement de nos 2 univers.
Maki est venue en France, et nous avons réalisé nos premiers prototypes."

Ainsi, lors de l'exposition "Paris-Tokyo-Design" soutenue par la Maison de la Culture
du Japon à Paris, sont présentés un paravent "Kaku", composé de carrés de textiles
tissés artisanalement et cerclés d'acier patiné, une série de chaises utilisant
" Mikan", "Umé", "Sakura", "Fuji", les "Kudamonos", boules lumineuses,
"agrumes" en japonais, déclinés en 3 parfums, Citron, citron vert et orange...

> Cette rencontre inspire aussi la démarche inverse à Cyrille Varet:
Il pousse sa recherche de légèreté et de transparence dans un registre
plus industriel en imaginant une assise plastique cristal thermoformée
pour sa chaise "Totem".

La ligne Totemcristal.

"J'ai réflechi à une alliance originale d'une matière moderne avec le travail traditionnel
de l'acier patiné. Avec l'aide du studio de création "Newtone" installé à Bastille,
spécialisé dans la conception de prototypes en plastique, nous avons étudié
une assise profilée, conçue comme un écrin, pouvant être remplie de matières
originales (modèle "Carla Rose") , garnie de pétales de roses stabilisées),
ou teinté dans des couleurs vives et lumineuses".

Monadora...

> Monadora et ses courbes généreuses...
La ligne confort, déclinée aussi en canapé et fauteuil.

Ithemba...  

En 2002, il donne une nouvelle orientation à son travail, tournée vers une démarche humanitaire de soutien à des personnes séropositives en Afrique avec le projet Ithemba tout en maintenant une ligne complète de mobilier, aboutissement de 10 années de travail.
Lire l'interview: "Cyrille Varet, designer solidaire"